Les voitures sans permis Ligier portées par la mode des « ados conducteurs »

Le boom des voitures sans permis chez les adolescents fait les affaires du groupe Ligier. La classe biberon représente désormais un tiers du chiffre d’affaires du constructeur français. Un phénomène qui gagne du terrain.

La mode des conducteurs ados pour les voitures sans permis de marque Ligier

Fini les vulgaires « pots de yaourt ». Les voitures sans permis (VSP), autrefois jugées ringardes, seraient-elles en passe de devenir tendance ? Surtout chez les (très) jeunes conducteurs?

Il n’est pas rare de croiser devant les portes des lycées, voire des collèges, des gamins à peine sortis de l’enfance au volant de ces voiturettes. Une mode qui n’est pas pour déplaire au constructeur français Ligier-Microcar, dont le siège se trouve à Abrest (Allier), près de Vichy.

Créée par feu Guy Ligier en 1969, la PME familiale est aujourd’hui conduite par le petit-fils de l’ancien pilote automobile. En quelques années, le leader européen de la VSP, qui se partage le marché avec son concurrent Aixam, a vu évoluer cette nouvelle niche. En 2019, Ligier a produit 14 500 VSP, soit une croissance annuelle de 7,8 %. Et les usines Ligier tournent à plein régime. 90 véhicules par jour sortent des chaines d’Abrest et de Boufféré, l’autre site de la marque en Vendée. Des chiffres jamais atteints jusque-là.

Une alternative aux deux-roues pour les adolescents

« Historiquement, nos acheteurs étaient plutôt des personnes âgées, surtout des femmes, habitant en milieu rural ou péri-urbain, qui n’avaient pas les moyens de passer le permis. Mais les choses ont beaucoup évolué« , analyse François Ligier, 39 ans.
Surtout depuis janvier 2013, année du changement de législation. Le permis autrefois appelé BSR, a été remplacé par le permis AM, permettant de conduire un cyclo et une voiturette, et ce à partir de 14 ans, à condition toutefois de s’acquitter de 7 heures d’apprentissage code et conduite en auto-école. 

Depuis, l’engouement des familles pour les voiturettes bridées à 45 km/h ne se dément pas. Plus sûres, plus confortables qu’un deux-roues, les VSP rassurent. « Contrairement aux idées reçues, le taux d’accidentologie est très faible. Les parents préfèrent savoir leurs enfants dans nos véhicules que sur des scooters, beaucoup plus dangereux. Du coup, les ados sont devenus prescripteurs. Ils voient dans nos voitures un produit cool », souligne le constructeur, qui réalise désormais un tiers de son chiffre d’affaires grâce à sa nouvelle clientèle.

Électrifier 40 % de la flotte

Pourtant, la VSP a un coût non négligeable : entre 9 000 et 15 000 euros pour un véhicule neuf, selon les options. Mais le plus gros écueil reste sa motorisation diesel. « Nous proposerons les premiers modèles électriques dès l’an prochain, confie François Ligier. L’objectif est d’électrifier 40 % de notre flotte d’ici 2024. C’est très ambitieux !« 

Persuadé de tenir un filon d’avenir, le constructeur français voit encore « une marge de progression importante en Europe » sur le segment des ados conducteurs. « Nous souhaitons atteindre les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2023« , projette le PDG du groupe. Nul doute que la jeune garde contribuera à doper le moteur Ligier.

 

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